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De sa « résidence » à bord de Fleur de Passion aux Moluques, les fameuses îles aux épices objet de la quête de Magellan, en novembre 2017, et plus encore de ses plongées dans les eaux indonésiennes, l’artiste Mirjana Farkas a rapporté plusieurs carnets remplis de dessins de fonds marins. L’illustratrice genevoise s’est inspirée de l’extraordinaire richesse de ce fragile univers pour réaliser des aquarelles actuellement exposées au Forum de Meyrin dans le cadre de l’exposition « La fabrique du monde ». Jusqu’au 2 février 2019, l’événement grand publique et en accès libre regroupe une vingtaine d’artistes internationaux invités à « s’approprier la cartographie » et à proposer des « cartes uniques, sensibles ou virtuelles » sous forme de dessins, gravures, illustrations, installations, peintures, photographies et vidéos.

Plus d’informations pratiques sur : http://meyrinculture.ch/evenement/la-fabrique-du-monde

Et pour retrouver quelques-unes des "déambulations épicées" de Mirjana réalisées dans le cadre du tour du monde de Fleur de Passion, cliquez ici, ou pour visionner l’épisode 4 de la série documentaire sur l’expédition.

C’est une première à bord de Fleur de Passion. En ces premiers jours d’escale à Durban, l’équipage a été convié à s’initier à la gravure par l’illustratrice genevoise Katharina Kreil, spécialiste de la discipline. Seizième artiste à ce jour à avoir embarqué - depuis Maputo au Mozambique quelques semaines plus tôt - dans le cadre du programme culturel « Dans le miroir de Magellan », celle-ci a organisé un atelier informel, confiant à chacun une petite plaque de plexiglas rectangulaire qu’elle avait spécialement apporté de Genève, et expliquant les fondamentaux de cet art subtil et complexe à la fois dont le résultat est toujours spectaculaire. Car toute inscription de texte doit en effet être gravée à l’envers pour apparaître à l’endroit après impression…

Mieux encore, par ses contacts noués avec la scène culturelle de Durban et plus encore avec un atelier local de gravure, Katharina a pu faire en sorte qu’une fois gravés, les motifs soient « imprimés » à Durban dans ledit atelier.

Ainsi par un vendredi après-midi 12 octobre, l’intérieur du roof s’est-il paré d’une guirlande de gravures colorées aux motifs forcément un peu marins et parfois très identifiables quant au contexte dans lequel ils ont été réalisés. Pour le grand plaisir de l'équipage comme sur les quelques photos sur lesquelles ont peut reconnaître Yffik, arrivé de sa Bretagne natale pour prendre part au chantier de maintnance, et les "frères jumeaux par la barbe" Khaled et Victor, respectivement second et chef de quart à bord depuis Tulear.

Osons le dire, l’équipage n’avait pas franchement anticipé la question mais a bien dû y répondre: comment dit-on Fleur de Passion en zoulou? Soit dans l’une des onze langues officielles d’Afrique du Sud et la plus répandue dans le pays. La question, en plus d’être inattendue, s’est posée dans les circonstances suivantes.

Jeudi 11 octobre 2018, The Ocean Mapping Expedition a eu les honneurs d’une réception officielle organisée par la Municipalité de Durban à l’occasion de son arrivée dans la ville quelques jours plus tôt. La Maire elle-même - car cette agglomération de quelque 3,5 millions d’habitants est administrée par une femme - n’avait finalement pas pu être présente mais était représentée par une de ses adjointes. Côté suisse, outre les membres d’équipage, le numéro 2 de l’ambassade à Pretoria, son adjointe chargée des échanges scientifiques avec l’Afrique du Sud ainsi que la console honoraire à Durban étaient de la partie. Et à l’heure des échanges protocolaires et autres discours, force a été de constater que pour les orateurs locaux, la prononciation du nom du voilier n’allait pas de soit. Fleur, passe encore, mais le « on » de Passion…

Aussi au moment de la remise de cadeaux de part et d’autre, un informel cours zoulou s’est-il improvisé à l’attention spéciale de Suisses en escale à Durban, marins de passage ou diplomates en poste à Pretoria. Un cours articulé autour d’un unique - et de circonstance - vocable: « imbali yothando », traduction mot à mot de… Fleur de Passion! Le cours a été gracieusement donné par une des élèves du Oakridge College, invités à participer à la cérémonie. Plus tôt, dans leur bel uniforme vert bouteille, ceux-ci étaient venus à bord pour découvrir une facette maritime méconnue de la Suisse. Bref la journée était au partage d’expérience dans une ambiance de très grande convivialité.

Merci à la Municipalité de Durban pour son accueil chaleureux!

A priori, aucun rapport entre les trois mais attendez un peu… Car comme The Ocean Mapping Expedition vient d’arriver en Afrique du sud, forcément que tout ramène tôt ou tard à une histoire de requin. En escale à Durban depuis peu, l’expédition a été invitée à présenter les programmes scientifiques du bord dans le cadre d’un workshop de deux jours organisé par l’Institut sud-africain pour la santé environnementale (SAIEH) et son dynamique président le Dr Selva Mudaly, les 11 et 12 octobre 2018 avec le soutien de l’ambassade de Suisse. C’est Yaiza Santana, la coordinatrice scientifique du bord, qui a officié devant quelque 120 acteurs locaux de cette vaste thématique portant tout autant sur la question de la pollution de l’air que sur la pollution sonore.

Lorsqu’est venu le temps des - nombreuses - questions, le programme 20’000 sons sous les mers en particulier a fait réagir une participante qui a cité une étude récente selon laquelle les attaques de requins le long des côtes pourraient être corrélées au niveau sonore de certaines plages, et plus précisément encore à la musique tendance « boum-boum » qui y sévit. Pour les cinéphiles avertis, cela rappellera la scène finale d’un des opus des « Dents de la mer », quand le héros attire le grand méchant requin du film jusqu’à le faire mordre, et donc s’électrocuter, un câble électrique à haute tension sous-marin à force de taper dessus. Visionnaire, le film, en cela que les requins seraient sensibles à certaines mythiques?

Toujours est-il que cette remarque « musicale » de cette participante a bien fait rire Renuka Lutchminarayan, qui présentait l’après-midi un exposé sur « Noise monitoring and control ». Et d’expliquer en effet que parmi les recommandations prodiguées aux acteurs municipalités côtières pour atténuer les nuisances sonores, il en est une qui consiste à… orienter vers le large les sources de bruit, et notamment musicales!

Moralité et en vertu du principe de précaution, il va peut-être falloir choisir entre faire la bombe sur la plage et baignade au son des basses…

L’auteur de bande-dessinée genevois a embarqué courant septembre 2018 à Tulear, dans le sud de Madagascar, pour effectuer la traversée en direction de Maputo, la capitale du Mozambique. Quinzième dessinateur du programme culturel « Dans le miroir de Magellan », il n’a pas son pareil pour dépeindre la vie du bord et brosser le portait à la fois drôle et attachant des membres d’équipage, Pere le skipper, Khaled le second, Yaiza la responsable scientifique, ou encore Victor. Le résultat est stupéfiant, étonnant de vitalité!