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A priori, aucun rapport entre les trois mais attendez un peu… Car comme The Ocean Mapping Expedition vient d’arriver en Afrique du sud, forcément que tout ramène tôt ou tard à une histoire de requin. En escale à Durban depuis peu, l’expédition a été invitée à présenter les programmes scientifiques du bord dans le cadre d’un workshop de deux jours organisé par l’Institut sud-africain pour la santé environnementale (SAIEH) et son dynamique président le Dr Selva Mudaly, les 11 et 12 octobre 2018 avec le soutien de l’ambassade de Suisse. C’est Yaiza Santana, la coordinatrice scientifique du bord, qui a officié devant quelque 120 acteurs locaux de cette vaste thématique portant tout autant sur la question de la pollution de l’air que sur la pollution sonore.

Lorsqu’est venu le temps des - nombreuses - questions, le programme 20’000 sons sous les mers en particulier a fait réagir une participante qui a cité une étude récente selon laquelle les attaques de requins le long des côtes pourraient être corrélées au niveau sonore de certaines plages, et plus précisément encore à la musique tendance « boum-boum » qui y sévit. Pour les cinéphiles avertis, cela rappellera la scène finale d’un des opus des « Dents de la mer », quand le héros attire le grand méchant requin du film jusqu’à le faire mordre, et donc s’électrocuter, un câble électrique à haute tension sous-marin à force de taper dessus. Visionnaire, le film, en cela que les requins seraient sensibles à certaines mythiques?

Toujours est-il que cette remarque « musicale » de cette participante a bien fait rire Renuka Lutchminarayan, qui présentait l’après-midi un exposé sur « Noise monitoring and control ». Et d’expliquer en effet que parmi les recommandations prodiguées aux acteurs municipalités côtières pour atténuer les nuisances sonores, il en est une qui consiste à… orienter vers le large les sources de bruit, et notamment musicales!

Moralité et en vertu du principe de précaution, il va peut-être falloir choisir entre faire la bombe sur la plage et baignade au son des basses…

La dernière livraison, n°134, du magazine de l’Université de Genève propose un très bel article sur le programme de monitoring des gaz à effet de serre, mené en partenariat avec le Département F.-A. Forel de la Faculté des Sciences. Le Prof Daniel McGinnis y raconte en des termes passionnants les enjeux de ce programme pionnier et son expérience à bord de Fleur de Passion: aux Philippines fin 2017 lors de l’installation des équipements en compagnie de sa collègue Daphne Donis, puis entre Kuching et Singapour pour y contrôler la mise en route.

Le chercheur d’origine américaine livre et commente aussi les premiers résultats recueillis jusqu’à Madagascar au terme de la traversée de l’océan Indien. Des résultats étonnants autant que sans équivalents, et dont certains soulèvent plein de questions. Passionnant!

Le magazine est disponible gratuitement dans les différents espaces de l’Université, ou en ligne sur https://www.unige.ch/campus/files/1215/3615/1612/Campus134_WEB.pdf.

Un grand merci à la rédaction du magazine pour avoir contribué à la vulgarisation vivante et pointue à la fois d'une problématique ô combien complexe.

Non, la « baleine papillon » n’est pas une nouvelle espèce animale jusque-là inconnue que The Ocean Mapping Expedition aurait identifiée, vous allez comprendre… Le long des côtes de Madagascar, en ces mois de juillet et août 2018, l’équipage de Fleur de Passion effectue des observations de grands mammifères marins dans le cadre d’une nouvelle mission ponctuelle en partenariat avec l’association locale Mada Megafauna, en plus des programmes scientifiques que l’expédition continue à mener sur la longue durée (pollution micro-plastique et sonore des océans, monitoring des gaz à effet de serre et observations de l’état de santé des coraux).

Créée en 2015, Mada Megafauna s’est donné pour objectif d’observer, sensibiliser et améliorer les connaissances et la protection des cétacés, baleines, dauphins, requins baleines, tortues marines, raies manta, et de la biodiversité marine dans son ensemble dans les eaux de Nosy Be, du canal du Mozambique et de l’Océan Indien en général. Les requins baleine donnant lieu à un projet en soit, le Whale Shark Project. Ainsi, profitant de sa présence le long de la côte ouest de Madagascar puis de la traversée dudit canal courant septembre, l’expédition a-t-elle pris l’initiative de contacter l’association malgache pour apporter sa contribution au projet.

En navigation, le regard aux aguets et jumelles ainsi qu’appareil photo à portée de mains, l’équipage de Fleur de Passion, passagers inclus, scrute ainsi l’océan alentours. Toutes les personnes qui ont embarqué ces dernières semaines ont en effet été dûment briefées sur le projet et initiées au protocole d’observation - exactement comme elles l’ont été dans le cadre du programme CoralWatch d’observation de l’état ed santé des coraux d’ailleurs.

Chaque observation donne lieu à des indications scrupuleusement renseignées en fonction du protocole communiqué par Mada Megafaua: position, nombre d'individus, comportement (animal en train de se déplacer, en cours de socialisation, de se nourriture, etc.). L’équipage essai aussi autant que faire se peut de photographier les animaux observés pour contribuer à leur identification grâce à la base de données que l'association a créée pour non seulement recenser mais également étudier les mouvements de ces espèces autour de Madagascar. 

Et c’est là où on en arrive à la « baleine papillon »… Depuis que l'expédition est parti de Nosy Be, dans le nord de Madagascar, le 27 Juillet 2018, un total de 13 observations ont été effectules, dont 10 baleines à bosses, 2 raies manta et 1 dauphin à long bec. Et parmi ces baleines, l’une a été photographiquement « saisie au vol » tandis qu’elle bondissait hors de l’eau dans une pause étonnamment similaire à celle d’un nageur en mode… papillon!

En ce début août, il reste encore plus d'un mois de navigation le long de Madagascar jusqu’à Tulear et l'expédition espère observer beaucoup d’autres de ces grands animaux marins, pour contribuer ainsi, aussi modestement soit-il, à la connaissance de la distribution et des mouvements de cette mégafaune marine à Madagascar.

Pour en savoir plus sur le projet: www.madamegafauna.org / www.facebook.com/madamegafauna

Et sur le Whale Shark project, voir aussi: www.madagascarwhalesharks.org  / www.facebook.com/madawhalesharks